Le rôle de l’IFS dans la guérison de l’attachement : dialoguer avec vos parts blessées
Pourquoi vos réactions d’attachement sont pilotées par des parts protectrices, une technique en 3 étapes pour dialoguer avec elles, le Self comme base sécure intérieure, et le lien avec la relation à vos enfants.

Vous réagissez au quart de tour quand votre partenaire rentre tard. Ou vous vous fermez dès qu’il vous demande ce que vous ressentez. Ou vous explosez contre votre enfant, puis vous vous en voulez pendant des heures. Ces réactions ont souvent une même origine : des blessures d’attachement anciennes, qui se réactivent dans les relations proches.
L’IFS (Internal Family Systems), développé par le psychologue Richard Schwartz, offre une manière particulièrement douce et efficace de travailler sur ces blessures. Au lieu de lutter contre vos réactions, il vous invite à les écouter. Cet article vous explique comment.
Votre attachement insécure est un signal, pas un défaut
Un attachement anxieux, évitant ou désorganisé n’est pas une faiblesse de caractère. C’est une stratégie intelligente, mise en place par un enfant pour rester en lien avec des adultes plus ou moins disponibles. Elle a fonctionné. Elle vous a protégé.
Le problème est qu’elle continue de fonctionner aujourd’hui, dans des contextes où elle n’est plus nécessaire. L’IFS ne cherche pas à la supprimer, mais à comprendre ce qu’elle protège, pour qu’elle puisse se détendre.
Des parts protectrices aux commandes
L’IFS part d’une idée simple : notre psychisme est composé de multiples parts, chacune avec son rôle et son histoire. Dans les blessures d’attachement, on retrouve souvent :
- des parts exilées : jeunes, porteuses d’émotions douloureuses (peur d’être abandonné, sentiment de ne pas compter, honte) ; elles sont mises à l’écart parce que leur douleur semble insupportable ;
- des managers : des parts qui anticipent et contrôlent pour que la douleur des exilés ne remonte pas ; chez l’anxieux, celle qui surveille et demande de la réassurance ; chez l’évitant, celle qui garde ses distances et ne demande rien ;
- des pompiers : des parts qui agissent dans l’urgence quand la douleur remonte malgré tout ; la crise de jalousie, la fuite soudaine, l’explosion de colère, la consommation qui anesthésie.
Chaque part a une intention positive. Même celles dont les comportements font souffrir essaient de vous protéger.
Le Self : votre base sécure intérieure
Au cœur du modèle IFS, il y a le Self : un état de calme, de curiosité, de compassion, de clarté, présent en chacun, même sous les couches de protection. Richard Schwartz le décrit avec des qualités qui ressemblent beaucoup à celles d’une figure d’attachement sécure : présence, constance, bienveillance.
C’est là toute la force de l’IFS pour l’attachement. Le Self peut devenir, pour vos parts blessées, la figure d’attachement qui leur a manqué. Il ne remplace pas les relations avec les autres, mais il offre une base intérieure à partir de laquelle ces relations deviennent moins menaçantes.
Une technique en 3 étapes pour dialoguer avec une part
Voici une version simplifiée, que vous pouvez essayer seul pour des situations peu chargées.
Étape 1 : repérer
Pensez à une situation récente où votre schéma d’attachement s’est déclenché. Repérez où vous sentez la réaction dans votre corps : serrement dans la poitrine, nœud au ventre, tension dans les épaules. Concentrez-vous sur cette sensation.
Étape 2 : se rapprocher avec curiosité
Demandez-vous : « Qu’est-ce que je ressens envers cette part ? » Si vous ressentez de l’agacement, de la peur ou du jugement, c’est qu’une autre part est présente. Demandez-lui gentiment de faire un pas de côté. Quand vous ressentez de la curiosité ou de la bienveillance, vous êtes davantage dans le Self.
Étape 3 : écouter
Posez à la part quelques questions, et accueillez ce qui vient (une image, un mot, une sensation) :
- « Qu’essaies-tu de faire pour moi ? »
- « Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive si tu arrêtes ? »
- « Depuis quand fais-tu ce travail ? »
- « Qu’est-ce que tu protèges ? »
Remerciez-la. Vous n’avez rien à résoudre pour l’instant : l’écoute est déjà une réparation.
Les pièges à éviter
- Vouloir se débarrasser d’une part : elle résistera d’autant plus.
- Aller trop vite vers les exilés : les protecteurs ont besoin d’être rassurés d’abord.
- Explorer seul des souvenirs traumatiques : ce travail demande un accompagnement.
- Se juger de ne « pas y arriver » : c’est souvent une part critique qui parle.
Exemple : un sportif et son attachement évitant
Récit composite, inspiré de situations rencontrées en préparation mentale, prénom modifié. Karim, footballeur semi-professionnel, consulte pour des difficultés de concentration en match. Rapidement, une autre difficulté apparaît : il ne supporte pas les conseils de son entraîneur, et se ferme dès qu’on lui fait un retour, même positif. Dans sa vie amoureuse, le même schéma : il s’éloigne dès que sa compagne s’inquiète pour lui.
En IFS, Karim rencontre une part qu’il décrit comme un « mur » : elle refuse toute aide, parce que « compter sur les autres, c’est se faire avoir ». Derrière ce mur, il découvre un garçon de dix ans, qui a appris à ne rien demander à un père absorbé par ses propres difficultés. Quand Karim, depuis le Self, offre à ce garçon l’attention qui lui a manqué, le mur s’abaisse un peu. Quelques semaines plus tard, il accepte un retour de son entraîneur sans se braquer, et ose dire à sa compagne qu’il a passé une mauvaise journée.
Le lien avec vos enfants : de la réaction à la réponse
Les blessures d’attachement se réactivent particulièrement dans la relation avec nos enfants. Un enfant qui pleure, qui refuse, qui s’oppose peut réveiller une part blessée chez le parent, et un pompier prend le relais : cri, menace, fermeture.
L’IFS permet de passer de la réaction à la réponse. Quand vous sentez la colère monter, vous pouvez reconnaître : « Une part de moi est en train de prendre le dessus. » Prendre une respiration, faire un pas de côté, et revenir vers votre enfant depuis un état plus calme. Avec le temps, vous devenez pour vos enfants, et pour vos propres parts, le parent que vous auriez voulu avoir. Voyez aussi guérir pour ne pas répéter.
Intégrer l’IFS dans votre quotidien
- Chaque soir, repérez une réaction de la journée et demandez-vous quelle part était aux commandes.
- Parlez de vos parts : « une part de moi a eu peur quand tu n’as pas répondu ». Ce langage aide aussi votre entourage à vous comprendre sans se sentir accusé.
- Associez l’IFS à l’hypnose : l’état hypnotique facilite l’accès au Self et le dialogue avec les parts. Voyez hypnose et attachement.
Ce que l’IFS ne fait pas
Il ne transforme pas un style d’attachement en quelques séances. Il ne remplace pas un suivi médical ou psychologique en cas de traumatisme important, de dépression ou d’idées noires. Et il demande de la patience : les protecteurs ont mis des années à se mettre en place, ils ont besoin de temps pour faire confiance.
Vous êtes le parent que vous attendiez
L’IFS porte un message profondément rassurant : la sécurité que vous cherchez existe déjà, en partie, en vous. Il s’agit d’apprendre à y accéder. Si vous souhaitez explorer cette approche, je vous accompagne en cabinet à Saintes ou à distance.
Praticien en accompagnement — IFS, hypnose ericksonienne et Intelligence Relationnelle. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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