Thierry Sudan
— Psychologie

Pourquoi je répète toujours les mêmes schémas amoureux, et comment en sortir

Comment l’enfance fabrique nos choix amoureux, le radar intérieur qui choisit nos partenaires, les 7 signes d’un couple pris dans un schéma répétitif, et ce que la neuroplasticité permet de changer.

Pourquoi je répète toujours les mêmes schémas amoureux, et comment en sortir
Photo par cottonbro studio sur Pexels

Les prénoms changent, les visages aussi. Mais l’histoire, elle, se répète. Le même type de partenaire, les mêmes disputes, la même façon de finir. Vous vous étiez pourtant promis que cette fois, ce serait différent. Et vous vous retrouvez, à nouveau, au même endroit.

Cette répétition n’est ni de la malchance ni un manque d’intelligence. Elle a des mécanismes précis, que la théorie de l’attachement et les neurosciences éclairent bien. Et parce qu’elle a des mécanismes, elle peut se transformer.

Comment l’enfance fabrique nos choix amoureux

Dans l’enfance, nous apprenons ce qu’est un lien : à quoi ressemble l’amour, comment on obtient de l’attention, ce qui se passe quand on a besoin de quelqu’un. Ces apprentissages se gravent dans ce que le psychiatre John Bowlby appelait des « modèles internes » : des attentes implicites sur soi et sur les autres.

Si l’amour était imprévisible, on apprend à le guetter. S’il était distant, on apprend à ne pas en demander. S’il était mêlé de peur, on apprend à s’en méfier. Ces modèles ne sont pas des souvenirs conscients : ils fonctionnent comme une grille de lecture automatique, qui oriente nos perceptions et nos choix.

Le radar intérieur qui choisit vos partenaires

Lors d’une rencontre, quelque chose se passe en quelques secondes : une attirance, une évidence, une « chimie ». On croit souvent que cette chimie signale la bonne personne. En réalité, elle signale souvent la personne familière : celle qui réactive notre modèle interne.

Le cerveau confond le familier et le juste. Une personne qui nous fait vivre les mêmes émotions qu’autrefois, même douloureuses, nous semble mystérieusement « faite pour nous ». À l’inverse, une personne stable et disponible peut sembler fade, parce qu’elle n’active pas ce radar.

Trois grands scénarios d’enfance qui se rejouent

  1. Mériter l’amour : l’enfant devait être sage, performant ou utile pour être aimé. Adulte, il choisit des partenaires exigeants, et s’épuise à leur plaire.
  2. Attendre l’amour : l’enfant attendait un parent souvent absent ou indisponible. Adulte, il tombe amoureux de personnes qui ne sont jamais vraiment là. Voyez pourquoi j’attire des partenaires indisponibles.
  3. Se protéger de l’amour : l’enfant a appris que la proximité pouvait faire mal. Adulte, il fuit dès que la relation devient sérieuse.

Pourquoi vous choisissez ce qui vous fait souffrir

Il y a dans la répétition une tentative de réparation. Inconsciemment, on recrée la situation ancienne avec l’espoir, cette fois, d’obtenir une autre fin : que le partenaire distant finisse par nous choisir, que le partenaire exigeant finisse par être satisfait. Cette fin espérée arrive rarement, parce qu’on a choisi justement quelqu’un qui ressemble à celui qui n’a pas pu la donner.

Comment les boucles se verrouillent dans le corps

Les schémas relationnels ne sont pas seulement des idées. Ils sont inscrits dans le système nerveux. Un ton de voix, un silence, un regard peuvent déclencher en une fraction de seconde une réaction ancienne : panique, colère, fermeture. C’est pourquoi, dans une dispute, on peut se sentir soudain comme un enfant de huit ans, avec les mêmes émotions et les mêmes réflexes.

Quand une expérience précoce a été traumatique, cette réactivation est encore plus forte. Le corps réagit comme si le danger ancien était présent.

7 signes que votre couple est pris dans un schéma répétitif

  1. Vous revivez la même dispute, presque mot pour mot.
  2. Vous vous sentez incompris, même après avoir tout expliqué.
  3. Vous évitez certains sujets par anticipation.
  4. Vous utilisez les mêmes mots, les mêmes gestes, les mêmes silences.
  5. Vous avez l’impression de jouer un rôle plutôt que d’être vous-même.
  6. Votre partenaire vous semble parfois être un adversaire plutôt qu’un allié.
  7. Vous avez pensé à partir, mais vous restez par peur ou par habitude.

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, il est probable que vos schémas d’attachement, et peut-être ceux de votre partenaire, mènent la danse.

Pourquoi la volonté ne suffit pas

Vous avez sans doute pris de bonnes résolutions. Elles se sont heurtées à la réalité d’un réflexe plus rapide que la pensée. Comprendre son schéma est indispensable, mais ne suffit pas à le changer, parce qu’il ne se loge pas dans la partie rationnelle du cerveau.

La neuroplasticité : votre cerveau peut apprendre autrement

La bonne nouvelle, c’est que le cerveau reste capable d’apprendre toute la vie. Ce qu’on appelle la neuroplasticité permet de créer de nouveaux chemins, à condition de vivre de nouvelles expériences, de manière répétée, dans un état suffisamment sécurisé.

Concrètement, cela signifie :

  • repérer le déclencheur et la réaction automatique ;
  • ralentir pour créer un espace entre les deux ;
  • choisir une réponse différente, même petite ;
  • répéter, jusqu’à ce que la nouvelle réponse devienne familière.

Ce que l’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle changent

  • L’hypnose ericksonienne permet d’agir sur les réactions automatiques, en apaisant la charge émotionnelle des expériences anciennes et en installant de nouvelles réponses.
  • L’IFS (Internal Family Systems) aide à rencontrer les parties qui choisissent pour vous : celle qui s’accroche, celle qui fuit, celle qui veut réparer l’autre, et l’enfant blessé qu’elles protègent.
  • L’Intelligence Relationnelle apprend à sortir des rôles automatiques et à communiquer en adulte.

Faut-il que votre partenaire fasse aussi ce travail ?

Idéalement, oui, mais ce n’est pas indispensable pour commencer. Quand l’un des deux change sa part de la danse, toute la danse change. Parfois, cela suffit à transformer la relation. Parfois, cela permet de voir clairement qu’elle ne vous convient pas.

Comment savoir si vous êtes prêt

Vous êtes prêt quand la répétition vous coûte plus que l’effort de changer. Quand vous êtes prêt à regarder votre part, sans vous accabler. Et quand vous acceptez que cela prenne du temps.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Écrivez votre histoire amoureuse en quelques lignes par relation : comment elle a commencé, ce qui vous a attiré, comment elle s’est terminée. Cherchez les points communs.
  2. Repérez votre premier signal d’attirance pour une personne : qu’est-ce qui vous a « accroché » ? Est-ce familier ?
  3. Donnez une chance au calme : la prochaine fois qu’une personne stable vous semble « pas assez excitante », accordez-lui un peu plus de temps.

Si votre histoire comporte des traumatismes importants, ou si vous traversez une période de détresse, parlez-en aussi à votre médecin ou à un professionnel de santé.

Vous n’êtes pas condamné à répéter

Vos schémas ont été appris. Ils peuvent être désappris, avec du temps et un accompagnement adapté. Si vous souhaitez sortir de la boucle, je vous reçois en cabinet à Saintes ou à distance.

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement — IFS, hypnose ericksonienne et Intelligence Relationnelle. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

Prendre contact →
— Dans la même thématique