Thierry Sudan
— Psychologie

7 idées reçues sur la résilience qui vous bloquent, et ce qui la construit vraiment

La résilience n’est ni l’absence de souffrance, ni un don, ni un retour à l’identique : 7 idées reçues démontées, pourquoi certaines personnes rebondissent mieux, et 3 piliers concrets pour la construire.

7 idées reçues sur la résilience qui vous bloquent, et ce qui la construit vraiment
Photo par Maxim Boldyrev sur Pexels

« Tu es tellement résilient. » Le compliment fait parfois du bien. Il peut aussi peser : comme si l’on n’avait pas le droit de souffrir, de flancher, de demander de l’aide. La résilience est devenue un mot à la mode, et avec la mode sont venues des idées reçues qui, au lieu d’aider, enferment.

Voici sept idées reçues fréquentes, ce que l’on sait vraiment, et des pistes pour construire une résilience plus juste.

1. « Être résilient, c’est ne pas souffrir »

C’est l’idée la plus répandue, et la plus fausse. La résilience ne désigne pas l’absence de douleur, mais la capacité à traverser la douleur et à reprendre le cours de sa vie. Les personnes résilientes souffrent, pleurent, doutent. Ce qui les distingue, c’est qu’elles finissent par se réorganiser, souvent avec l’aide d’autres personnes.

Croire qu’être résilient, c’est ne pas souffrir, pousse à cacher sa douleur, ce qui la prolonge.

2. « C’est un trait de caractère : on l’a ou on ne l’a pas »

La résilience n’est pas un don. C’est un processus, qui dépend de nombreux facteurs : l’histoire personnelle, le tempérament, mais aussi le soutien social, la sécurité matérielle, la nature de l’épreuve, et les ressources développées au fil de la vie. Le psychiatre Boris Cyrulnik insiste sur le rôle des « tuteurs de résilience » : des personnes qui, à un moment, offrent un appui.

Autrement dit, la résilience se construit, et elle peut se renforcer à tout âge.

3. « C’est revenir exactement comme avant »

Après une épreuve majeure, on ne revient pas exactement à l’état antérieur. On se réorganise, parfois différemment. Certaines personnes vivent même ce que les chercheurs appellent une croissance post-traumatique : des changements positifs nés de l’épreuve. Voyez croissance post-traumatique ou résilience.

Attendre de redevenir « comme avant » peut créer une frustration inutile. On peut se reconstruire autrement.

4. « Pour être résilient, il faut être autonome et ne rien demander »

C’est l’inverse. Le soutien social est l’un des facteurs les plus importants de la résilience. Les personnes qui rebondissent le mieux sont souvent celles qui savent s’appuyer sur les autres. La résilience n’est pas une affaire de force solitaire, mais de liens.

5. « C’est rapide : en quelques mois, c’est réglé »

Chaque épreuve a son rythme. Un deuil, une maladie, un traumatisme peuvent demander des années pour être intégrés. Il y a des avancées, des reculs, des périodes de stagnation. Se fixer un délai ajoute une pression qui freine souvent le processus.

6. « Une fois résilient, on n’a plus de moments de fragilité »

La résilience n’est pas un état définitif. Une personne qui a traversé une épreuve peut être fragilisée à nouveau par une autre, ou par une date anniversaire, un lieu, un souvenir. Ces moments de fragilité font partie du chemin, et ne signifient pas qu’on a « perdu » sa résilience.

7. « Ça se travaille seul, dans sa tête »

La résilience ne se construit pas seulement par la pensée positive ou la volonté. Elle passe par le corps (retrouver un sentiment de sécurité, un sommeil, une énergie), par les relations (être entendu, soutenu), et par le sens (comprendre, intégrer, choisir ce que l’on fait de l’épreuve).

Pourquoi certaines personnes semblent plus résilientes

Ce n’est pas parce qu’elles sont « plus fortes ». Elles ont souvent bénéficié de facteurs favorables : un attachement sécure dans l’enfance, au moins une personne de confiance dans les moments difficiles, une capacité à réguler leurs émotions, une certaine flexibilité dans leur manière de voir les choses.

Les blessures d’enfance peuvent fragiliser la résilience, en rendant le système nerveux plus réactif ou en installant la croyance qu’on ne peut compter sur personne. Faut-il guérir tout le passé pour avancer ? Pas forcément. Mais prendre soin de certaines blessures peut libérer une énergie précieuse.

3 piliers concrets pour construire sa résilience

Pilier 1 : la régulation émotionnelle

Apprendre à revenir au calme après une émotion forte : respiration lente avec expiration longue, ancrage dans le corps, mouvement doux. Un système nerveux qui sait revenir à l’équilibre traverse mieux les épreuves. Voyez la fenêtre de tolérance.

Pilier 2 : le dialogue avec vos parts

Dans l’approche IFS (Internal Family Systems), une épreuve réveille différentes parts de nous : une part qui veut tenir à tout prix, une part effondrée, une part en colère. Plutôt que de laisser l’une d’elles prendre toute la place, on peut les écouter chacune. Ce dialogue intérieur évite de se juger, et permet de prendre soin de ce qui souffre.

Pilier 3 : trouver un sens

Non pas un sens qui justifierait la souffrance, mais un sens que l’on choisit de donner à la suite : ce que l’on veut préserver, transmettre, construire. Le sens se trouve souvent dans les relations, les valeurs, les engagements.

Ce que l’hypnose et l’IFS apportent

L’hypnose ericksonienne aide à retrouver un sentiment de sécurité dans le corps, à apaiser les réactions d’alerte, et à reconnecter avec ses ressources (des moments où l’on a déjà traversé des difficultés). L’IFS permet d’accueillir les parts blessées sans être submergé. En tant que préparateur mental, j’utilise aussi des outils du sport : routines, visualisation, dialogue intérieur bienveillant, qui aident à rebondir après un échec.

Quand consulter

Si une épreuve vous laisse durablement en détresse, avec des troubles du sommeil, des souvenirs envahissants, une humeur très basse ou des idées noires, consultez votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 3114.

Et si la résilience, c’était savoir s’appuyer ?

La résilience n’est pas l’art d’être fort seul. C’est l’art de traverser, avec ses failles et avec les autres. Si vous souhaitez être accompagné dans une période difficile, je vous reçois en cabinet à Saintes ou à distance.

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement — IFS, hypnose ericksonienne et Intelligence Relationnelle. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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